Configurer une boîte mail manuellement revient à renseigner deux serveurs, pas un. L’un reçoit, l’autre envoie, et ils sont indépendants. C’est pourquoi un compte peut parfaitement recevoir tout en refusant d’envoyer, ou l’inverse.
En résumé : pour recevoir, utilisez l’IMAP sur le port 993 en SSL/TLS. Pour envoyer, utilisez le SMTP sur le port 587 en STARTTLS, avec l’authentification du serveur sortant activée. L’identifiant est l’adresse e-mail complète dans les deux cas. Le 993 fonctionne chez les quinze fournisseurs testés. Le 587 fonctionne chez quatorze sur quinze, la seule exception étant Bouygues, qui n’accepte que le 465.
Cette page donne les paramètres exacts des quinze principaux fournisseurs, la marche à suivre sur les quatre clients les plus répandus, et les erreurs qui expliquent la plupart des échecs de configuration. Les valeurs du tableau ont été testées en direct le 17 août 2026, la méthode est décrite plus bas.
IMAP ou POP3 : le choix à faire d’abord
Avant les paramètres, une décision. Deux protocoles permettent de relever une boîte, et ils ne se comportent pas du tout pareil.
IMAP laisse vos messages sur le serveur. Chaque appareil affiche le même état : un message lu sur le téléphone apparaît lu sur l’ordinateur, un dossier créé d’un côté existe de l’autre. C’est le choix à faire dans presque tous les cas.
POP3 télécharge les messages sur l’appareil, le plus souvent en les supprimant du serveur. Un seul appareil détient alors le courrier, et les autres ne verront rien. Ce fonctionnement n’a plus qu’un usage résiduel : archiver localement une boîte dont le quota est saturé.
Le choix ne concerne que la réception. Dans les deux cas, l’envoi passe par SMTP, avec ses propres réglages. C’est la source de confusion la plus fréquente, et elle est traitée en détail dans notre guide du protocole SMTP.
Les six informations à réunir
Toute configuration manuelle demande les mêmes éléments, fournis par votre hébergeur ou votre fournisseur de messagerie :
- l’adresse du serveur entrant, du type
imap.votredomaine.fr; - l’adresse du serveur sortant, du type
smtp.votredomaine.fr; - les ports correspondants ;
- le mode de chiffrement pour chacun ;
- votre identifiant, qui est presque toujours l’adresse e-mail complète et pas seulement la partie avant l’arobase ;
- votre mot de passe, ou un mot de passe d’application si le compte est protégé par double authentification.
Si vous ne trouvez pas ces informations, elles figurent dans l’espace client de l’hébergeur, à la rubrique des comptes de messagerie. Ne les devinez pas : un nom de serveur approximatif produit une erreur de connexion difficile à distinguer d’une erreur d’identifiants.
Les paramètres IMAP et SMTP par fournisseur
Le tableau ci-dessous donne les valeurs réelles des quinze fournisseurs les plus utilisés en France. Chaque hôte a été interrogé directement le 17 août 2026 pour confirmer que le port répond et que le chiffrement annoncé est bien celui indiqué.
| Fournisseur | Serveur entrant (IMAP) | Serveur sortant (SMTP) | Mot de passe d’application |
|---|---|---|---|
| Gmail | imap.gmail.com993 · SSL/TLS |
smtp.gmail.com587 · STARTTLS |
Obligatoire |
| Outlook.com / Hotmail | outlook.office365.com993 · SSL/TLS |
smtp-mail.outlook.com587 · STARTTLS |
OAuth requis |
| Microsoft 365 | outlook.office365.com993 · SSL/TLS |
smtp.office365.com587 · STARTTLS |
OAuth requis |
| Yahoo Mail | imap.mail.yahoo.com993 · SSL/TLS |
smtp.mail.yahoo.com587 · STARTTLS |
Obligatoire |
| iCloud | imap.mail.me.com993 · SSL/TLS |
smtp.mail.me.com587 · STARTTLS |
Obligatoire |
| Free | imap.free.fr993 · SSL/TLS |
smtp.free.fr587 · STARTTLS |
Non |
| Orange | imap.orange.fr993 · SSL/TLS |
smtp.orange.fr587 · STARTTLS |
Non |
| SFR | imap.sfr.fr993 · SSL/TLS |
smtp.sfr.fr587 · STARTTLS |
Non |
| Bouygues (Bbox) | imap.bbox.fr993 · SSL/TLS |
smtp.bbox.fr465 · SSL/TLS |
Non |
| La Poste | imap.laposte.net993 · SSL/TLS |
smtp.laposte.net587 · STARTTLS |
Non |
| OVHcloud | ssl0.ovh.net993 · SSL/TLS |
ssl0.ovh.net587 · STARTTLS |
Non |
| IONOS | imap.ionos.fr993 · SSL/TLS |
smtp.ionos.fr587 · STARTTLS |
Non |
| Gandi | mail.gandi.net993 · SSL/TLS |
mail.gandi.net587 · STARTTLS |
Non |
| Infomaniak | mail.infomaniak.com993 · SSL/TLS |
mail.infomaniak.com587 · STARTTLS |
Non |
| Zoho Mail (EU) | imappro.zoho.eu993 · SSL/TLS |
smtppro.zoho.eu587 · STARTTLS |
Obligatoire |
Pour un domaine hébergé ailleurs, la convention imap.votredomaine.fr et smtp.votredomaine.fr reste valable, avec les mêmes ports.
Ce que la vérification a montré : aucun port d’envoi ne marche partout
La réception est simple. Les quinze fournisseurs répondent sur le 993 en SSL/TLS, sans exception. Ce port se saisit les yeux fermés.
L’envoi est plus accidenté, et c’est là que les guides habituels se trompent. Ils présentent le 465 comme l’alternative universelle au 587. Les deux ports ont en réalité chacun leurs absents :
- Le port 587 ne répond pas chez Bouygues. Quatre tentatives sur
smtp.bbox.front toutes expiré. Le 465 y répond immédiatement, avec une bannièrerelay-sasl-*.cs.dolmen.bouyguestelecom.fr. Pour une adresse Bbox, c’est donc 465 en SSL/TLS, et rien d’autre. - Le port 465 ne répond pas chez Microsoft ni chez Apple.
smtp-mail.outlook.com,smtp.office365.cometsmtp.mail.me.comont expiré à chaque essai. Ces trois hôtes n’exposent que le 587 en soumission client.
La règle pratique : saisissez 587 en STARTTLS par défaut, il couvre quatorze des quinze fournisseurs testés. Si la connexion expire au lieu d’être refusée, basculez sur 465 en SSL/TLS avant de suspecter vos identifiants. Un délai d’attente qui s’écoule désigne un port fermé, jamais un mot de passe faux. Le détail de chaque port est traité dans notre page sur les ports SMTP.
Une nuance de norme explique ces recommandations contradictoires. Le RFC 8314 recommande depuis 2018 le TLS implicite, donc les ports 993 et 465, plutôt que STARTTLS. Les fournisseurs l’ont suivi en réception, où le 993 s’est imposé et le 143 a quasiment disparu. En envoi, ils sont restés majoritairement sur le 587 hérité du RFC 6409. Bouygues est le seul du panel à avoir appliqué le RFC 8314 jusqu’au bout.
Méthode de vérification
Chaque hôte a été contacté depuis une connexion résidentielle française le 17 août 2026. Pour les ports 993 et 465, une connexion TLS a été ouverte et la bannière du serveur lue. Pour le port 587, la connexion a été ouverte en clair, une commande EHLO envoyée, et la présence de STARTTLS dans la réponse vérifiée. Aucune authentification n’a été tentée et aucun message envoyé.
Tout port n’ayant pas répondu au premier essai a été retesté au moins une fois à quelques minutes d’intervalle, ce qui a corrigé un faux négatif : smtp.bbox.fr:465 avait renvoyé une coupure de connexion au premier passage avant de répondre normalement aux deux suivants. Les résultats négatifs conservés ici sont ceux qui se sont reproduits à l’identique.
Une limite à connaître pour interpréter ce tableau : ces mesures décrivent l’accessibilité des ports depuis un accès grand public français. Un pare-feu d’entreprise, un VPN ou un fournisseur d’accès étranger peuvent donner un résultat différent, en particulier sur le port 587 chez Bouygues, dont l’infrastructure est susceptible de se comporter autrement depuis son propre réseau.
Le changement Microsoft de fin 2026, à anticiper dès maintenant
Si votre boîte est chez Microsoft, l’entrée du tableau indique « OAuth requis » et non « mot de passe d’application ». Ce n’est pas une nuance de vocabulaire.
Microsoft a désactivé l’authentification basique pour IMAP et POP dans Exchange Online dès octobre 2022, comme le documente la page de dépréciation publiée par Microsoft. Un client de messagerie ne peut donc plus relever une boîte Microsoft 365 avec une simple adresse et un mot de passe : il doit gérer OAuth 2.0. Le port 993 répond bien, la bannière Microsoft Exchange IMAP4 service ready s’affiche à la connexion, mais le mot de passe est refusé. Beaucoup de configurations réputées « cassées » n’ont pas d’autre cause.
SMTP AUTH était la dernière exception. Elle prend fin : selon le calendrier publié par l’équipe Exchange, l’authentification basique pour SMTP AUTH sera désactivée par défaut sur les tenants existants fin décembre 2026, indisponible par défaut sur les tenants créés après cette date, et son retrait définitif sera annoncé au second semestre 2027. Un administrateur pourra encore la réactiver temporairement après décembre 2026, mais c’est un sursis, pas une solution.
Concrètement, si vous configurez aujourd’hui une boîte Microsoft 365 dans un client tiers, utilisez un client qui gère OAuth : Thunderbird, Apple Mail et les applications mobiles Outlook le font. Les vrais concernés par l’échéance sont les scripts, les imprimantes multifonctions et les applications métier qui envoient via smtp.office365.com avec un mot de passe en dur. Ils doivent migrer vers OAuth ou vers un service de relais dédié. La documentation Microsoft sur la soumission SMTP authentifiée détaille les options côté administrateur.
Chez Google, la bascule a déjà eu lieu. Un mot de passe d’application, généré depuis les paramètres de sécurité du compte, est obligatoire dès lors que la validation en deux étapes est active, et Google documente les réglages IMAP et SMTP à saisir dans un client tiers. Même logique chez Yahoo et iCloud.
Configurer sur Outlook
Dans Outlook, l’ajout d’un compte tente d’abord une détection automatique.
Les étapes
- Choisissez l’option de configuration manuelle, puis sélectionnez IMAP.
- Renseignez le serveur entrant, le port 993 et le chiffrement SSL/TLS.
- Renseignez le serveur sortant, le port 587 et le chiffrement STARTTLS.
- Ouvrez les paramètres avancés du serveur sortant et cochez que le serveur sortant requiert une authentification, en indiquant d’utiliser les mêmes identifiants que pour la réception.
- Validez, puis testez l’envoi vers une adresse extérieure.
L’étape 4 est celle qui fait échouer la majorité des configurations. Sans cette case, Outlook relève le courrier sans difficulté et échoue à chaque envoi. Les intitulés varient selon la version : « TLS » désigne généralement STARTTLS, « SSL/TLS » le chiffrement implicite.
Une limite propre à ce client mérite d’être signalée. Le nouvel Outlook pour Windows ne propose pas de configuration IMAP manuelle pour un compte Microsoft 365, qui passe obligatoirement par le protocole Exchange. Pour une boîte Microsoft 365 en IMAP, Thunderbird ou Apple Mail sont les options qui fonctionnent.
Configurer sur Thunderbird
Thunderbird interroge d’abord une base publique de configurations connues. Pour la plupart des domaines chez un hébergeur courant, tout se remplit seul et il n’y a rien à faire.
Les étapes en cas d’échec de la détection
- Cliquez sur Configuration manuelle. Un tableau à deux lignes apparaît, entrant et sortant, reprenant exactement les champs du tableau plus haut.
- Saisissez les deux serveurs, leurs ports et leur mode de chiffrement.
- Laissez la méthode d’authentification sur « Mot de passe normal », sauf pour une boîte Microsoft 365 ou Gmail où il faut choisir OAuth2.
- Cliquez sur Retester avant de valider.
Ce bouton de test est la raison pour laquelle Thunderbird est le client le plus utile face à une configuration récalcitrante : il indique lequel des deux serveurs pose problème, au lieu de renvoyer un échec global.
Configurer sur iPhone et iPad
Les étapes
- Dans Réglages, ouvrez Applications puis Mail, et choisissez d’ajouter un compte.
- Sélectionnez Autre plutôt qu’un fournisseur de la liste, sans quoi iOS impose ses propres paramètres.
- Saisissez nom, adresse et mot de passe. iOS lance une détection qui peut durer une minute avant d’échouer, c’est normal.
- Sélectionnez l’onglet IMAP, puis renseignez les deux serveurs.
- Dans la section du serveur d’envoi, saisissez le nom d’utilisateur et le mot de passe même si iOS les marque « facultatif ».
L’étape 5 est le piège propre à iOS. Ces champs ne sont pas facultatifs : laissés vides, l’envoi échouera systématiquement. Et puisque smtp.mail.me.com n’expose pas le port 465, une adresse iCloud se configure obligatoirement en 587 STARTTLS.
Configurer sur Android
La marche à suivre dépend de l’application, mais le principe reste identique : ajouter un compte, choisir la configuration manuelle, sélectionner IMAP, puis renseigner successivement le serveur entrant et le serveur sortant.
Dans l’application Gmail, l’ajout d’une adresse externe passe par l’option Autre. Certaines surcouches constructeur masquent le choix du port derrière un menu de réglages avancés : cherchez le terme « sécurité » ou « type de sécurité », c’est là que se trouve le mode de chiffrement.
Un point spécifique à Android : plusieurs surcouches proposent « SSL/TLS (accepter tous les certificats) ». Cette option masque une erreur de certificat au lieu de la corriger. Si vous en avez besoin pour que la connexion passe, le problème est sur le serveur, pas sur le téléphone.
Les cinq erreurs les plus fréquentes
1. L’authentification du serveur sortant est désactivée. De loin la première cause. Symptôme caractéristique : la réception fonctionne, l’envoi échoue avec un message d’erreur d’authentification ou de relais refusé.
2. Le chiffrement ne correspond pas au port. Un port 587 réglé en SSL/TLS, ou un 465 en STARTTLS, produit une erreur de connexion sans explication claire. Vérifiez la correspondance avant tout le reste : 993 et 465 fonctionnent en SSL/TLS, 143 et 587 en STARTTLS.
3. L’identifiant est incomplet. Beaucoup de serveurs exigent l’adresse entière. Saisir seulement la partie précédant l’arobase provoque un rejet des identifiants, alors même que le mot de passe est correct.
4. Le port 25 est configuré à l’envoi. Il est bloqué en sortie par la quasi-totalité des fournisseurs d’accès. Le symptôme trompe : la connexion n’est pas refusée, elle expire au bout d’un long délai.
5. Le mot de passe du compte est utilisé au lieu d’un mot de passe d’application. Les fournisseurs qui imposent la double authentification refusent le mot de passe principal pour les connexions IMAP et SMTP. Il faut générer un mot de passe dédié depuis les paramètres de sécurité du compte, ou passer par OAuth chez Microsoft.
Vérifier que tout fonctionne
Un test complet demande deux vérifications distinctes, dans cet ordre.
La réception : envoyez-vous un message depuis une autre adresse. S’il arrive, le serveur entrant et les identifiants sont corrects.
L’envoi : écrivez à une adresse extérieure à votre domaine. Ce détail compte. Un message adressé à vous-même peut être livré en interne par le serveur sans jamais transiter par SMTP vers l’extérieur, et la configuration semble alors valide alors qu’elle ne l’est pas.
Si l’envoi échoue, le message d’erreur du client contient presque toujours un code à trois chiffres renvoyé par le serveur. C’est l’information la plus utile du diagnostic, parce qu’elle distingue un rejet temporaire d’un rejet définitif.
Et si tout fonctionne mais que vos messages atterrissent en indésirables chez vos destinataires, la configuration du client n’est plus en cause. Il faut regarder du côté de l’authentification de votre domaine.
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’un compte IMAP ?
Un compte de messagerie configuré pour consulter le courrier directement sur le serveur, sans le télécharger définitivement. Les messages, dossiers et statuts de lecture restent synchronisés entre tous vos appareils.
Quel port utiliser pour IMAP ?
Le 993, avec un chiffrement SSL/TLS. Les quinze fournisseurs testés le 17 août 2026 répondent tous sur ce port. Le 143 fonctionne aussi, en STARTTLS, mais n’apporte aucun avantage.
Quel port utiliser pour SMTP, 587 ou 465 ?
Le 587 en STARTTLS par défaut : il répond chez quatorze des quinze fournisseurs testés le 17 août 2026. Aucun des deux ports n’est universel. Le 465 est absent chez Microsoft et Apple, et le 587 est absent chez Bouygues, qui impose le 465.
Peut-on utiliser IMAP et POP3 sur la même boîte ?
Techniquement oui, la plupart des serveurs acceptent les deux. En pratique, c’est déconseillé : si POP3 supprime les messages du serveur après téléchargement, ils disparaîtront de vos autres appareils.
Pourquoi je reçois mes e-mails mais je ne peux pas en envoyer ?
Parce que réception et envoi passent par deux serveurs distincts. Dans la grande majorité des cas, l’authentification du serveur sortant n’est pas activée dans les paramètres avancés du client.
Faut-il configurer IMAP et SMTP séparément ?
Oui. Ce sont deux serveurs, avec chacun leur adresse, leur port et leur mode de chiffrement. La plupart des clients les présentent dans le même écran, ce qui fait croire à un réglage unique.
Pourquoi mon mot de passe est-il refusé sur une boîte Microsoft 365 ?
Parce que Microsoft a désactivé l’authentification basique pour IMAP et POP dans Exchange Online en octobre 2022. Le client doit gérer OAuth 2.0. Thunderbird et Apple Mail le font, un script avec un mot de passe en dur ne le fait pas.
